6e

 

 

PLAISIR

 

Le mot PLAISIR est inséparable de son concurrent JOIE et, dans les différents emplois de ces deux mots, on aura à distinguer ce qui relève de la SENSATION, de l’ÉMOTION et du SENTIMENT. On aura surtout à montrer qu’ils permettent de distinguer, d’unir en les opposant, les deux pôles positifs de l’AFFECTIVITÉ humaine.

Étymologiquement, plaisir va nous entrainer vers le verbe PLAIRE et par voie de conséquence vers son complément syntaxique AIMER : Mlle B (sujet) plait à M. A (COI) – M. A (Sujet) aime, ou, du moins, aime bien Mlle B (COD) - M. A (sujet) a du plaisir à fréquenter Mlle B (COD) – ça lui plait, ça lui fait plaisir (à lui, COI) de la fréquenter. Ajoutons qu’il est CONTENT de la fréquenter. Voilà de bons exercices d’assouplissement syntaxique en perspective.

La personne qui éprouve du plaisir est GAIE. Elle manifeste son plaisir par de la GAITÉ, elle RIT, chante, PLAISANTE, ou se contente de SAVOURER en silence l’objet PLAISANT, CHARMANT, RAVISSANT, AGRÉABLE, DÉLICIEUX, EXQUIS qui lui donne ce plaisir. Il y a aussi des gens GENTILS, AIMABLES qui s’efforcent de faire plaisir à tout le monde. Ils savent dire merci et s’il vous plait .

Étymologiquement, joie va nous entrainer vers les verbes JOUIR et SE RÉJOUIR et les noms JOUISSANCE et RÉJOUISSANCE, ce dernier nous mettant sur le chemin de la FÊTE, des évènements FESTIFS, et des FESTINS ou on FESTOIE. La personne qui éprouve de la joie est JOYEUSE, elle peut sauter de joie, manifester sa joie de façon EXUBÉRANTE, ou vivre silencieusement dans la joie de ce qui lui semble être son accomplissement SPIRITUEL.

Plaisir et joie sont les ingrédients de l’état plus ou moins stable qu’on appelle BONHEUR. Une personne qui n’éprouverait jamais plaisir ni joie serait bien MALHEUREUSE. Mais une personne peut se sentir HEUREUSE sans éprouver de plaisirs ni de joies extraordinaires, si elle est SEREINE et vit dans la PAIX de l’ÂME et du CŒUR. On pourra dire un mot des philosophes ÉPICURIENS qui, un peu comme les BOUDDHISTES, ne cherchaient rien d’autre dans la vie qu’un minimum de plaisirs et la SÉRÉNITÉ, Ils se CONTENTAIENT de peu .

La partie la plus importante de cette leçon va consister à trouver des contextes ou joie est substituable à plaisir, avec quelle nuance de sens, et des contextes où c’est impossible. Quel plaisir de… Quelle joie de… Ça me fait plaisir que… C’est une joie pour moi que… En complétant ces phrases, les élèves trouveront surement des différences significatives. Et vous pourrez les récompenser en leur faisant entendre deux œuvres musicales célèbres et en leur faisant méditer leurs paroles : la chanson de Charles Trenet Y’a d’la joie ! et l’Hymne à la Joie qui termine la neuvième symphonie de Beethoven. Les paroles de cet hymne en traduction, bien sûr. Même si vos élèves de 6e font partie des rares collégiens qui ont choisi l’allemand comme première langue, ils ne sont pas encore capables de lire dans le texte un poème de Schiller.

 

 

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