5e

ART et TECHNIQUE

 Séance n° 1 Je propose de commencer cette leçon, réservée à des élèves un peu grands, non par ces noms abstraits art et technique, mais par les noms plus concrets des personnes qui pratiquent un art ou une technique, l’artiste, l’artisan et le technicien auxquels il est essentiel d’adjoindre l’ ingénieur sans lequel le travail du technicien ne peut pas se comprendre. Tous sont des spécialistes qui font un certain travail pour arriver à un certain résultat (lequel ?), par certains moyens qu’ils connaissent et maitrisent (lesquels ?), leur métier, qu’ils ont appris (où, comment ?), et qui demande certaines qualités (lesquelles, à part celle fondamentale et commune à tous, d’aimer ce qu’ils font ?). Cherchons des exemples de chacune de ces catégories et réfléchissons sur ces exemples, afin de répondre aux questions ci-dessus. L’objectif est de parvenir, à la fin de la première séance au classement ci-dessous :

1. Le travail de l’artiste (Exemples Mozart/Rubens/Rodin/ le Corbusier ou d’autres à votre choix), consiste à créer une œuvre unique, individuelle, même si pour cela il dirige un certain nombre de collaborateurs (l’atelier de Rubens, toutes les personnes nécessaires pour monter un opéra). Leurs qualités ? une manière originale de sentir, des idées de génie. Leur art impliquer-t-il un métier ? Oui : la technique de la musique (la théorie musicale), de la peinture, de la sculpture ; cela s’apprend avec des maitres ou dans certaines écoles (Beaux-arts, conservatoires). Même sans génie, ceux qui manient bien ces techniques peuvent avoir du talent et mériter le nom d’artistes, qu’on donne aussi aux interprètes et pas seulement au compositeur d’une œuvre musicale. Que signifie, pour un pianiste avoir une bonne technique ? - la finalité de cette œuvre ? donner de la joie à un nombre indéterminé, potentiellement infini, de personnes. Ceux qui éprouveront cette joie diront que cette œuvre est belle.

2. Le travail de l’artisan (boulanger-pâtissier, boucher, menuisier, ébéniste, joaillier etc.) consiste à créer ou à entretenir des choses utiles, uniques ou en petite série, pour une clientèle limitée. Il travaille seul ou avec quelques compagnons dans un atelier (éventuellement un fournil pour le boulanger) et peut avoir une boutique pour y vendre ses productions. Il est le chef d’une (très) petite entreprise. Il peut avoir appris son métier, un métier manuel, dans une école technique (école Boule) mais surtout par la pratique, “sur le tas”, grâce à des stages d’apprentissage. Il s’agit le plus souvent d’un savoir traditionnel (on fait du pain depuis la plus haute antiquité !). Ses qualités essentielles sont d’être travailleur, régulier, et de ne pas ménager sa peine pour répondre à la demande de sa clientèle.

3. Le travail de l’ingénieur consiste à concevoir et à créer, dans une perspective industrielle, des prototypes reproductibles en grande série. Il doit pour cela avoir fait des études scientifiques dans une école d’ingénieurs ou dans une grande école de l’État (Polytechnique, École des Mines). Éventuellement, il utilise son savoir scientifique pour créer ce qu’on appelle un ouvrage d’art unique et d’une grande utilité (exemple le viaduc de Millau)

4. Le technicien a acquis, dans une école technique et aussi en apprentissage, le savoir, scientifique et pratique, nécessaire pour fabriquer et pour entretenir les objets conçus par l’ingénieur. Il a peut-être passé avec succès un BTS ou “Brevet de Technicien Supérieur” dans un IUT ou “Institut Universitaire de Technologie”. Lui aussi, s’il travaille non en usine mais dans une entreprise d’entretien et de dépannage (garagiste, informaticien), a une clientèle à satisfaire, donc doit être travailleur et régulier. Mais en plus, il doit être adaptable, se tenir au courant des nouveautés de la technique, car son travail, à lui, n’est pas traditionnel, il évolue sans cesse ! Il doit se recycler périodiquement.

Quoique chacun de ces personnages pratique une certaine technique, seul le dernier sera appelé couramment, professionnellement, un technicien. Autrement, il faudrait préciser par un complément de nom : “Monsieur Dupont, qui a réparé mes chaises est un bon technicien de l’ébénisterie, il en connaît tous les secrets”, mais ce n’est pas courant.

Séance n°2 Diverses possibilités :

1. Si ce n’est pas apparu dans la séance n°1, chercher des qualificatifs et des compléments de noms spécifiques pour le nom art (beaux-arts, arts d’agrément, art classique, baroque, moderne, contemporain, art poétique, art dramatique etc.) dans le but d’arriver à quelques grandes catégories

2. Poser la question : un objet utile, de fabrication industrielle peut-il être beau ? Qu’entend-on par l’anglicisme design ? la fonction de styliste ? Une pièce unique, œuvre d’ un artiste ou d’un artisan est-elle forcément belle ? Pour susciter des reformulations, demander aux élèves de parler de cette question en utilisant les noms beauté et utilité et même esthétique (caractère subjectif de la notion de beauté, mais avec tout de même un certain consensus). Une œuvre belle a-t-elle une utilité ?

 3. Chercher des emplois du mot art sans rapport direct avec l’art au sens 1 de la première séance. Exemples : Tu as l’art de me mettre en colère – le salon des arts ménagers – les arts de la table – l’art culinaire – le coiffeur “artiste capillaire” ! Le noble art de la boxe - Employer dans divers contextes les locutions selon les règles de l’art – pour l’amour de l’art – c’est l’enfance de l’art ! - l’homme de l’art – il a l’art et la manière etc.

4. Parler des questions évoquées pendant ces deux séances en employant les adjectifs artistique, artisanal, industriel, technique, le nom artisanat, industrie, technicité, les adverbes artistiquement, artistement, techniquement - Commenter la locution boulangerie-pâtisserie industrielle

5. opposer l’art à l’artifice (idée à la fois d’habileté et de tromperie) et l’artificiel au naturel – Chercher des noms pouvant servir de supports pour l’adjectif artificiel et voir si l’opposition avec naturel fonctionne dans tous les cas. Qu’appelle-t-on, en langage savant un artefact ?

6. Distinguer les emplois de technique (nom et adjectif) et de technologie, technologique – Le nom technologie, “théorie des techniques” est de plus en plus employé comme synonyme du nom technique dans ses emplois strictement scientifiques et notamment quand il s’agit de recherches de pointe. Chercher des mots commençant par un premier élément techno- (technocrate, technopole) et analyser leur sens.

 

 

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