6e

LANGUE ET PAROLE

Pourquoi faisons-nous des leçons de vocabulaire ?

Pour perfectionner notre connaissance de la LANGUE française.

Qu’est-ce donc que la langue française ? C’est un système de SIGNES et de RÈGLES qui s’est constitué au cours de l’histoire (point de départ écrit : Serments de Strasbourg 842) et qui permet à environ 200 millions de personnes à travers le monde de s’exprimer et de communiquer entre elles. Ces personnes sont dites FRANCOPHONES, de même que celles qui utilisent la langue anglaise sont ANGLOPHONES, celles qui utilisent la langue allemande GERMANOPHONES etc. Le français est une langue ROMANE parce qu’elle est issue du latin, comme l’italien, l’espagnol, le roumain, l’occitan etc. Parlons donc un peu de la FRANCOPHONIE qui déborde de beaucoup les frontières de l’Hexagone.

Demandons-nous pourquoi ces divers systèmes de signes et de règles s’appellent des langues : Parce que le petit organe mobile que nous avons dans la bouche et qui nous sert à gouter, à lécher, à avaler, nous sert aussi à PARLER. Un organe qui nous sert à parler avec notre BOUCHE, à nous EXPRIMER ORALEMENT, donne son nom au système de signes que notre esprit utilise quand nous voulons exprimer une IDÉE. C’est un formidable exemple de MÉTONYMIE !

Ces signes VOCAUX, ORAUX, que nous PRONONÇONS avec notre langue, sont les MOTS, qui ont aussi une forme ÉCRITE. Il constituent le VOCABULAIRE dont nous avons besoin dans notre vie courante. Mais le mot mot a un parasynonyme : PAROLE. Il sera du plus haut intérêt de collectionner les locutions figées ou semi-figées dans lesquelles apparaît le mot mot et celles où apparaît le mot parole, et de chercher la ligne de partage qui les oppose : le mot est du côté de l’écrit (il est consigné dans des DICTIONNAIRES), la parole du côté de l’oral. Le mot a sa place toute désignée dans une théorie linguistique. La parole est un acte d’un sujet qui dit Je et qui s’engage dans ce qu’il dit (quand ce ne sont pas des paroles en l’air !). Quand on donne sa parole, on la tient et on ne la reprend pas sous peine de déshonneur.

 

Long et large, longueur et largeur sont des mots de la géométrie qui appellent inévitablement la figure du rectangle qu’il va falloir mesurer selon les cas en mètres, centimètres, kilomètres. Il va donc falloir trouver un objet rectangulaire propre à intéresser vos élèves. Je suggère de leur faire arpenter le couloir ou l’allée centrale de la classe et de leur faire compter leurs pas, en longueur comme en largeur. Et la classe, combien de pas le long du mur du fond et le long du mur de gauche ? ne serait-elle pas, par hasard carrée ? Dans ce cas, plus de longueur ni de largeur puisque les quatre côtés sont égaux. On arrive ainsi à des mesures chiffrées, objectives.

Mais quand vous poserez la question le couloir est-il long ou court ? large ou étroit ? Là, vous entrez dans le domaine des comparaisons et de la subjectivité et de l’emploi possible de l’adverbe trop. Par rapport à quoi direz-vous que le couloir est trop large ou trop étroit ?

Cet emploi de trop vous sera particulièrement utile à propos de vêtements trop longs ou trop courts, trop larges ou trop étroits, qu’il faudrait rallonger ou raccourcir… 

Le trajet Paris-Rome est-il long ou court ? En avion, par rapport à Paris-Tokyo, il est très court. En voiture il est plus long que par le train. À plus forte raison en vélo. Et à pieds, comme un pèlerin, c’est très, très long ! Et le temps de la récréation, vous parait-il long ou court ?

Et naturellement, il faudra finir par quitter le domaine de l’espace pour entrer dans celui du temps, celui de la longue mémoire ou de la mémoire courte,  le temps qu’on trouve parfois si long et d’autres fois trop court.

 

 

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